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    | Catalogue des diplomés 2010 |
    texte écrit par Pédro Morais, Marseille, 2011,
    paru dans Au revoir ici, n’importe où. Conscrits du bon vouloir, nous aurons la philosophie féroce ; ignorants pour la science, roués pour le confort ; la crevaison pour le monde qui va. C’est la vraie marche. En avant, route!, catalogue des diplômés 2010, édité par Hypertexte, publication dirigée par Béatrice Méline.



    | extrait |
    Ce rapport détourné à l’imprimante laser est aussi au centre d’un autre travail sur l’estampe. Cette envie de l’artiste de métisser des techniques traditionnelles et des moyens de reproduction à bas budget, directement diffusables dans l’espace urbain, est centrale à sa démarche. Il fait ainsi un parallèle avec le motif d’un poisson en état de décomposition, qu’il affiche dans la rue, et le déchirement puis la disparition prévisibles de cet affichage sauvage. Aurélien Vret opère dans le froissement, les contradictions, entre reproduction technique et geste artisanal, ce qui est encore repérable dans une série de peintures qu’il a placées sur Google Maps (série Nuit synthétique). Pendant l’échange que nous avons eu par Skype, j’avais sur un même écran son image et sa parole, un bloc-notes et l’accès à des moteurs de recherche me permettant de visualiser ses œuvres ou ses références en temps réel et il m’a semblé que c’est cette hybridité qui caractérise sa démarche. Ses peintures de cadres nocturnes urbains peuvent autant évoquer l’iconographie des périphéries parcourues en voiture par Ed Ruscha que des photos de téléphone portable, ou des street views récupérées dans un Google Maps noctambule.



    article critique


    | Écriture Typographie Écriture |
    texte écrit par Aurélien Vret en Mai 2010, consultable dans son intégralité sur le microsite Alphabets Urbains.


    | Introduction |
    Dans une préface pour une exposition sur la peinture et le cinéma, Hubert Damisch se questionne sur l’impact qu’a eu ou peut avoir le cinéma sur la peinture ou même le théâtre. Pour lui, cela permet de redéfinir l’importance de ces pratiques et ce qui parait essentiel pour l’élaboration de nouvelles formes produites au moment de leur réalisation. Ce questionnement est-il aussi possible dans la sphère de l’écrit ? La typographie a-t-elle une influence sur la manière dont nous écrivons et formons des lettres manuellement ? On peut déjà constater l’omniprésence de la lettre typographique dans notre quotidien. Dans tous les espaces occupés par l’homme moderne la typographie l’accompagne. Le phénomène n’est pas nouveau et cette présence massive existe au moins depuis 200 ans et dont la naissance correspond à la révolution industrielle. Grâce à cette révolution, l’imprimerie s’est peu à peu mécanisée et la reproduction de signes écrits a commencé à toucher une population de plus en plus importante. Quel est l’impact de cette reproduction ? Et surtout quelle transformation réelle cela a pu ou même peu avoir dans la pratique de ceux qui dessinent ou tracent régulièrement des signes à la main, sans passer par les modes de reproduction du document imprimé ? Celle-ci peut elle aussi avoir une influence sur la création et le dessin de nouveaux signes ? Pour en esquisser la portée il faut d’abord bien saisir les différences et les similitudes qu’il y a entre un caractère mobile utilisé par l’imprimerie et une lettre manuscrite.